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30 nov. - 1er déc. 2019

La m/f à Liège

Pour la deuxième année de suite, nous participerons au Salon « Fugueurs du Livre » de Liège, où nous avons été introduits par nos amis de l’indispensable revue Papier Machine.

Cette jolie manifestation fêtera, cette année, sa 7e édition, et elle s’impose comme l'un des rendez-vous les plus suivis et chaleureux de l’édition indépendante francophone.

Elle se tiendra les 30 novembre et 1er décembre prochains, dans les splendides bâtiments Renaissance du musée Curtius. Non seulement l’entrée est libre, mais le musée propose un libre accès à ses collections durant l’événement.

Si vous êtes dans les parages, ou si vous ne savez quoi faire, en ce froid week-end de fin novembre, et qu’il vous vienne des envies furieuses de boulets sauce lapin, filez à Liège : nous y serons.

 

7e Salon Fugueurs du Livre
30 nov. 10h-18h / 1er déc. 10h-17h
Le Grand Curtius
Féronstrée 136
Liège
> Détails

 

septembre 2019

N°10 : « Je ne te hais point »

Le dixième numéro de la revue est avancé ! Habillé en clivage chromatique par notre graphiste Christophe Burine, « Je ne te hais point » fait la part belle aux amours, aux aveux et aux haines, les nôtres ou celles d’autrui, mais surtout à leurs troublantes accointances.

Derrière les mots de Chimène se devine en effet toute l’ambivalence des affects qui nous traversent — et dont la littérature tâche de rendre compte. Comme toujours, nos contributeurs se sont approprié librement le sujet. Soient dix-sept contributions qui montrent, sous toutes ses facettes, l'impossible tension entre la violence du sentiment et les mots qui s’efforcent d'en dire — ou démentir — quelque chose.

Numero 10 Ce numéro est l’occasion de prendre quelques nouvelles de l’époque : « L’État n’a vu du monstre que la dorsale, tandis que dans leur cœur les enfants, les hommes et les femmes attaqués ont vu sous la mer la masse aqueuse et incommensurable », écrit Pierre Chopinaud, écrivain et directeur de La voix des Rroms, dans un texte nécessaire et acéré, rédigé peu après les agressions visant les Roms survenues en France au printemps 2019.

Sabine Huynh, plume en exil, sonde en connaisseuse la conscience des transfuges, qui cheminent si longtemps par les paysages du rejet qu'ils finissent par les intérioriser.

Revenant sur le documentaire Braguino de Clément Cogitore, Hélène Gaudy traque, dans ses menus détails — ceux qui comptent — « quelque chose comme l’origine de la guerre ». David Collin s’interroge sur le mouvement même de la haine et ses frontières, plus inquiétantes encore ; Anne Maurel en souligne la dimension sociale, et montre comment la littérature sait mettre au jour ses apories.

D'autres ont trouvé Chimène en eux-mêmes. Dans un texte introspectif et impitoyable, Philippe de Jonckheere contemple et tutoie la figure du salaud. Emmanuelle Pagano sonde le silence d’une tragédie familiale. Anthony Poiraudeau nous convie à un jeu subtil entre pudeur et impudeur, à travers une méditation sur des photographies de Julien Gracq où transparaît, peut-être, l'intimité d'un écrivain trop secret et aimé.

Avec Sycomore Sickamour (Puf, 2018), l’essayiste Pacôme Thiellement proposait récemment une promenade, aussi érudite que passionnante, dans les vastes jardins de l’amour malade, conçu moins comme une déviance qu’un problème humain universel. On y croise aussi bien Shakespeare, Nerval, Roussel, que Rivette, Lynch et nombre de chansons populaires. La m/f a renconté l’auteur pour un entretien des plus stimulants qui prouve, s'il en était besoin, que nul•le ne peut prétendre échapper aisément aux étreintes du sickamour : « Dans l’amour, on attend toujours quelque chose que personne ne nous doit. »

« Je ne te hais point » est aussi une litote, sans doute la plus célèbre de la littérature française. Hugues Leroy a tâché, vainement, de l'inculquer à un ordinateur. Dire sans dire, dire le contraire de ce qu'on veut dire : Proust à l’appui, Patrick Varetz ausculte les ambiguïtés du propos amoureux, où les mots finissent toujours par trahir le cœur. C.Jeanney piste les traces confuses de l’affect dans les mots et la glotte. Zoé Balthus peint pour nous le couple Gainsbourg-Birkin, dans le clair-obscur de la publicité et de l’intime, à travers sa chanson-litote la plus mythique. Et Frédéric Fiolof prend le désamour par les cornes en redonnant ses lettres de nobless à un genre littéraire méconnu : la lettre de rupture.

Peut-on faire sans la haine ? Et à quoi peut ressembler, aujourd'hui, l’utopie ?Marinaleda est une commune espagnole organisée en phalanstère depuis la fin des années 1970, sur des terres arrachées de haute lutte aux grands propriétaires. Le temps a passé, les crises économiques se sont succédé, mais les colons de Marinaleda sont toujours là, et ils n'ont pas renoncé à leurs idéaux. Le photographe britannique Spencer Murphy est allé y voir ; il en a rapporte une série pudique et troublante qui met des images sur ces espoirs fragiles. Il y flotte des échos de Walker Evans et les souvenirs de temps plus généreux. La fierté intacte des colons y dialogue avec la désolation des lieux et les ravages du temps. Nous lui ouvrons en grand les pages de notre cahier photo.

Toujours du côté des arts visuels, nous publions plusieurs planches du fascinant Carnation, de Xavier Mussat : médité dix ans durant, cet album-monstre, paru en 2014 et salué par la critique, est la chronique en bande dessinée d’un amour toxique. À la fois autobiographique, introspectif et d’une fantaisie extrême, Carnation bouscule tant par sa forme que par ses contenus les frontières de l'autobiographie littéraire et de la BD.

Enfin, nos amis de l’Oulipo, toujours fidèles au rendez-vous du fourbi, nous ont fait la surprise de passer cette fois le relais à leurs cousins de l’Oubapo — l'Ouvroir de bande dessinée potentielle. C’est évidemment Étienne Lécroart qui s'y colle, au texte comme aux dessins — et nous livre un désopilant logorallye dans le respect scrupuleux de la contrainte.

Drôle et inquiet, beau et tragique, le fourbi de la maturité est en route. Ce numéro 10 est annoncé pour le 25 novembre aux devantures de vos librairies préférées. Vous pouvez renouveler votre soutien dès aujourd‘hui en souscrivant en ligne, à un tarif exceptionnel. N'attendez pas : l’offre expire le 16 novembre.

Souscription en ligne jusqu’au 16 novembre 2019, au tarif exceptionnel de 12,00 €/ex. au lieu de 14,00€, à frais de port réduits. Vous pouvez aussi nous adresser une commande par courrier ou encore, à partir du 25 novembre, retrouver ce n°10 dans toutes les bonnes librairies.