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15 mai 2019

Vite

N°9: Vite

La neuvième livraison de la m/f arrive : « Vite » paraîtra en mai 2019. Où le fourbi, avec son éclectisme coutumier, se frotte aux manifestations de la vitesse sous toutes ses formes.

On s’y croirait parfois dans un roman de science-fiction, et pourtant tout est vrai : depuis 2014, Alexandre Laumonier poursuit l’une des séries documentaires les plus fascinantes de notre époque, autour du trading à haute fréquence. Suivant les ouvrages 6 et 5, salués par la critique et le public, son dernier volet, 4, vient de paraître chez Zones Sensibles ; la m/f l’a rencontré à quelques jours de cette sortie, pour un entretien passionnant qui revient sur les derniers développements de la course à la vitesse où s'affrontent les acteurs de la finance électronique — et, au-delà, sur les enjeux anthropologiques de son travail d’enquête.

Notre compagnonnage se poursuit avec l’OuLiPo : fort logiquement pour l’auteur d’Anquetil tout seul, c’est Paul Fournel qui prend cette fois le relais : sa contribution convoque les vitesses hétérogènes de la lecture à travers un récit dont les déclivités savantes vont conduire l'œil à changer souvent de braquet. De son côté, Philippe de Jonckheere s’est livré à l’exercice inverse : pousser dans ses retranchements la vitesse de son écriture. C’est le poème que Marie Willaime accélère, remontant du même coup aux racines de ce qui fait battre nos cœurs plus vite. Valérie Cibot chronique les accélérations et décélérations d’une journée ordinaire.

Le texte peut-il aller aussi vite que la vie ? La vitesse du vécu s’entretient-elle par celle des mots qui le disent ? Plusieurs contributeurs, comme Marjorie Ricord, Hélène Gaudy ou Antoine Mouton, ont exploré la tension parfois déchirante entre l’hémorragie incessante du réel, et les caillots de langage ou de sens qui s’y déposent.

D’autres ont cherché la vitesse en dehors d’eux-mêmes. Le « dieu vivant » Kisenosato, dernier grand maître sumô d’origine japonaise, a dû prendre sa retraite en janvier 2019 à la suite d’une blessure. Zoé Balthus était à Fukuoka, sur l'île de Kyûshû, où elle l’a vu dans ce qui restera son ultime tournoi officiel. Son récit saisissant met en scène le dialogue du hiératisme et de la fulgurance qui fait la splendeur d’une discipline millénaire. Véronique Bergen, de son côté, fait surgir l’impensé de la virtuosité chez la pianiste Martha Argerich. Et là où la vitesse attente à l’intime, Lucie Taïeb nous livre le portrait à vif d’un homme pressé.

Le fourbi ne serait pas lui-même sans une saine dose de paralittératures. Frédéric Fiolof a enquêté sur les origines « MittelEuropa » du champion Usain Bolt. Anthony Poiraudeau éclaire pour nous la dialectique de la course-poursuite appliquée à la vie réelle. Poursuivant ses investigations en illectique (science des textes qu’on ne lit pas), Hugues Leroy livre une méditation dispensable sur les trottoirs roulants. Quant à Hugues Robert, le libraire polygraphe de Charybde, il brosse une déconstruction, aussi captivante et cultivée que politique, de la figure du tireur rapide dans les westerns.

Les visuels sont à la fête dans cette livraison. Le fourbi ouvre son cahier photo à l’œil acéré du collectif Raffard-Roussel, dont les documents retravaillés dissèquent pour nous la mythologie de l’accélération maîtrisée à l’occasion d’un Salon de l’aéronautique. Nous publions plusieurs planches du fascinant 3”, du dessinateur Marc-Antoine Matthieu, où tout un univers se déploie à la vitesse de la lumière, et de l’œil, à partir d’une unique scène matricielle : Antoine Gautier se charge des présentations. La plasticienne Thaddée nous donne un collage original, en illustration d’un poème de Tristan Tzara. Enfin, l’investigateur en cosmogonies Guillaume Duprat, qui avait joliment fourbi dans nos premiers numéros, nous revient avec une cartographie des modèles physiques contemporains rendant compte de l’inflation cosmique. C’est à son travail, et au talent de notre graphiste Christophe Burine, que l’on doit le visuel de ce n°9.

Parution le 15 mai 2019. Le numéro est ouvert à la souscription en ligne jusqu’au 5 mai, au tarif exceptionnel de 12,00 € / ex. au lieu de 14,00 €, et à frais de port réduits. Alors faites vite ! Vous pouvez aussi nous adresser une commande par courrier ou, encore, à partir du 15 mai, retrouver ce n°9 dans toutes les bonnes librairies.